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Parent training interventions for Attention Deficit Hyperactivity Disorder (ADHD) in children aged 5 to 18 years

Abstract

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Contexte

Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est un trouble du développement neurologique qui se caractérise par des niveaux élevés d’inattention, d’hyperactivité et d’impulsivité existant avant l’âge de sept ans et constatés dans diverses situations, en décalage avec le niveau de développement de l’enfant, et provoquant des déficiences sociales ou scolaires. Les programmes de formation parentale reposent sur des interventions psychosociales destinées à l’apprentissage de techniques permettant de gérer le comportement turbulent des enfants.

Objectifs

Déterminer si les interventions de formation parentale sont suffisamment efficaces pour réduire les symptômes du TDAH et les problèmes qui lui sont associés, chez les enfants âgés de 5 à 18 ans diagnostiqués avec un TDAH, par rapport aux groupes témoins n’ayant suivi aucune formation parentale.

Stratégie de recherche documentaire

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données électroniques suivantes (dans toutes les années disponibles jusqu’à septembre 2010) : CENTRAL (2010, numéro 3), MEDLINE (1950 au 10 septembre 2010), EMBASE (1980 à la semaine 36 de 2010), CINAHL (1937 au 13 septembre 2010), PsycINFO (1806 à la semaine 1 de septembre de 2010), Dissertation Abstracts International (14 septembre 2010) et le méta‐registre des essais contrôlés (14 septembre 2010). Nous avons contacté des experts dans le domaine pour leur demander des détails concernant des recherches non publiées ou en cours.

Critères de sélection

Etudes randomisées (y compris celles quasi‐randomisées) comparant la formation parentale à l’absence de traitement, une liste d’attente ou un traitement usuel (d’appoint ou autre). Nous avons inclus les études lorsque le TDAH constituait l’élément central de l’essai et que les participants étaient âgés de plus de cinq ans et diagnostiqués cliniquement avec un TDAH ou un trouble hyperkinétique par un spécialiste grâce à des critères de diagnostic opérationnalisés du DSM‐III/DSM‐IV ou CIM‐10. Nous avons uniquement inclus les essais rapportant au moins un critère chez l’enfant.

Recueil et analyse des données

Quatre auteurs ont travaillé sur les résumés de dépistage et au moins deux auteurs les ont étudiés individuellement de façon indépendante. Nous avons contrôlé un total de 12 691 études et évalué cinq d’entre elles comme étant éligibles pour l’inclusion. Nous avons extrait des données et évalué les risques de biais dans les cinq essais inclus. Les possibilités de réalisation d’une méta‐analyse étaient limitées et la plupart des données que nous avons sélectionnées se basent sur des études individuelles.

Résultats principaux

Nous avons identifié cinq études, totalisant 284 participants, répondant aux critères d’inclusion ; toutes ont comparé la formation parentale à un traitement usuel de facto. Une étude a inclus un groupe de soutien parental non directif comme deuxième bras témoin 

Quatre études ont privilégié les problèmes comportementaux des enfants et une a évalué les changements dans les compétences parentales. 

Sur ces quatre études privilégiant le comportement des enfants, deux se sont intéressées à leur comportement au domicile et les deux autres se sont penchées sur leur comportement à l’école. Les deux études s’intéressant au comportement au domicile ont trouvé des résultats différents : l’une n’a trouvé aucune différence entre la formation parentale et le traitement usuel, alors que l’autre a révélé des résultats statistiquement probants de la formation parentale par rapport au groupe témoin. Les deux études s’intéressant au comportement à l’école ont également montré des résultats différents : l’une n’a trouvé aucune différence entre les groupes, alors que l’autre a révélé des résultats positifs de la formation parentale lorsque le TDAH ne présentait pas de comorbidité à type de trouble oppositionnel défiant. Dans cette étude, les résultats étaient plus concluants chez les filles et les enfants sous traitement.

Nous avons évalué les risques de biais (incertains dans le meilleur des cas et souvent élevés) dans la majorité des études. Les informations sur la randomisation et l’assignation secrète n’ont été mentionnées dans aucun des rapports d’étude. La mise en aveugle des participants ou du personnel était donc impossible pour cette intervention ; de même que la mise en aveugle des évaluateurs de résultats (généralement les parents ayant intervenu).

Nous avons seulement pu procéder à une méta‐analyse de deux résultats : Le comportement de marginalisation de l’enfant (une mesure évaluant le non‐respect des règles, un comportement défiant ou agressif) et le comportement d’introversion de l’enfant (par exemple : repli sur soi et anxiété). Une méta‐analyse de trois études (n = 190) fournissant des données sur le comportement de marginalisation a révélé des résultats qui ne répondaient pas au niveau de signification statistique (DMS ‐0,32 ; IC à 95 % ‐0,83 à 0,18 ; 2 = 60%). Une méta‐analyse de deux études (n = 142) sur le comportement d’introversion a révélé des résultats significatifs dans les groupes de formation parentale (DMS ‐0,48 ; IC à 95 % ‐0,84 à ‐0,13 ; I2 = 9%). Les données issues d’une troisième étude ayant probablement contribué à ce résultat étaient manquantes, nous sommes donc perplexes quant aux biais de reporting sélectif des critères de jugement (selective outcomes reporting bias)..

Les résultats issus d’une étude individuelle portant sur les états comportementaux des enfants ont été mélangés. Des résultats positifs suite à un inventaire des troubles comportementaux des enfants ont été mentionnés dans une étude réalisée à petite échelle (n = 24), en précisant que ces résultats étaient uniquement positifs lorsque la formation parentale était dispensée de façon individuelle et non collective. Dans une autre étude (n = 62), des effets positifs (après avoir adapté les résultats aux données démographiques et de référence) ont été signalés pour le groupe ayant fait l’objet d’une intervention de formation au niveau de la mesure des capacités sociales..

L’étude (n = 48) qui évaluait les changements des capacités parentales comparait la formation parentale à un groupe d’aide parentale non directif. Des améliorations statistiquement significatives ont été signalées pour le groupe de formation parentale.. Deux études (n = 142) ont fourni des données sur les indices de stress parental qui pouvaient être combinées dans une méta‐analyse. Les résultats étaient probants pour le domaine « enfant » (DM ‐10,52 ; IC à 95 % ‐20,55 à ‐0,48), mais pas pour le domaine « parent » (DM ‐7,54 ; IC à 95 % ‐24,38 à 9,30). Les résultats obtenus suite à la réalisation d’une étude à petite échelle (n = 24) révélaient des effets bénéfiques à long terme pour les mères ayant suivi une formation individuelle ; en revanche, les pères ayant suivi un enseignement collectif présentaient des effets à court terme. Une quatrième étude a révélé des modifications au niveau des données pour les mesures de stress parental effectuées au sein du groupe et a uniquement trouvé des effets bénéfiques probants dans un seul des deux bras du groupe de formation parentale actif (P ≤ 0,01).

Aucune étude n’a rapporté de données en termes de réussite scolaire, d’effets indésirables ou de connaissances des parents sur le TDAH.

Conclusions des auteurs

La formation parentale peut avoir des effets positifs sur le comportement des enfants atteints du TDAH. Elle peut également réduire le stress et redonner confiance aux parents. Toutefois, la qualité méthodologique médiocre des études incluses augmente les risques de biais dans les résultats. Les données relatives au comportement spécifique lié au TDAH sont ambiguës. Il manque des données pour de nombreux critères importants, notamment la réussite scolaire et les effets indésirables.

Les preuves résultant de ces revues ne sont pas suffisamment probantes pour constituer une base de recommandations pour la pratique clinique. Des recherches supplémentaires doivent être effectuées afin d’améliorer la notification des procédures et des résultats des études.

PICO

Population
Intervention
Comparison
Outcome

El uso y la enseñanza del modelo PICO están muy extendidos en el ámbito de la atención sanitaria basada en la evidencia para formular preguntas y estrategias de búsqueda y para caracterizar estudios o metanálisis clínicos. PICO son las siglas en inglés de cuatro posibles componentes de una pregunta de investigación: paciente, población o problema; intervención; comparación; desenlace (outcome).

Para saber más sobre el uso del modelo PICO, puede consultar el Manual Cochrane.

Plain language summary

Formation parentale pour le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez les enfants âgés de 5 à 18 ans

Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est un trouble du développement neurologique. Pour qu’un enfant soit diagnostiqué avec un TDAH, les adultes tels que parents, soignants, professionnels de la santé ou enseignants, doivent avoir remarqué une accentuation de l’inattention, de l’hyperactivité et de l’impulsivité chez l’enfant avant l’âge de sept ans par rapport aux enfants du même âge. L’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité doivent être observées dans différentes situations, pendant une durée prolongée et doivent altérer l’apprentissage ou le développement social de l’enfant. Les programmes de formation parentale consistent à enseigner aux parents des techniques leur permettant de gérer le comportement perturbateur ou lié au TDAH de leur enfant (leur inattention et leur hyperactivité ‐ impulsivité).

Nous avons identifié cinq études contrôlées randomisées répondant à nos critères d’inclusion. Quatre visaient à améliorer le comportement général des enfants et une privilégiait la manière dont les parents pouvaient aider leur enfant à se faire des amis. Toutes ces études ont été réalisées à petite échelle et leur qualité était variable. Les résultats de ces études étaient somme toute encourageants en termes de stress parental et de comportement général de l’enfant, mais étaient insuffisants pour d’autres critères importants, y compris le comportement lié au TDAH. Aucune étude n’a fourni de données sur des critères clés liés à la réussite scolaire, les effets néfastes ou les connaissances des parents sur le TDAH. Aucune preuve n’a montré si la formation parentale est plus efficace si elle est dispensée collectivement ou individuellement.

Les preuves que nous avons trouvées étaient limitées en termes de taille et de qualité des essais. Par conséquent, nous ne pensons pas que leur utilisation puisse servir de base de recommandations pour le traitement du TDAH en établissement hospitalier ou scolaire. Nous estimons que des recherches supplémentaires doivent être effectuées et que les procédures utilisées et les résultats obtenus suite à ces études doivent être plus précis.