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Interventions pour les kératoses actiniques

Contexte

Les kératoses actiniques sont une maladie de peau causée par l'exposition au soleil sur le long terme, et leurs lésions ont le potentiel d'évoluer en carcinome épidermoïde. Les traitements pour les kératoses actiniques sont recherchés pour des raisons esthétiques, pour le soulagement des symptômes associés ou pour la prévention du développement d'un cancer de la peau. Les lésions détectables sont souvent associées à une altération de la peau environnante (champ) où des lésions subcliniques sont susceptibles d'être présentes. Les interventions disponibles pour le traitement des kératoses actiniques comprennent les traitements pour lésions individuelles (par ex. la cryothérapie) et les traitements de champ (comme les traitements topiques). Ceux‐ci peuvent varier en termes d'efficacité, de sécurité et de résultats esthétiques.

Objectifs

Évaluer les effets des interventions topiques, orales, mécaniques et chimiques pour la kératose actinique.

Stratégie de recherche documentaire

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données suivantes jusqu'à mars 2011 : le registre spécialisé du groupe Cochrane sur la peau, CENTRAL dans The Cochrane Library, MEDLINE (à partir de 2005), EMBASE (à partir de 2010) et LILACS (à partir de 1982). Nous avons également passé au crible des registres d'essais, des actes de conférences et des sources de littérature grise.

Critères de sélection

Des essais contrôlés randomisés (ECR ) comparant un traitement des kératoses actiniques avec un placebo, un excipient ou un autre traitement actif.

Recueil et analyse des données

Au moins deux auteurs ont, de manière indépendante, extrait les données, qui incluaient les effets indésirables, et évalué la qualité des résultats. Nous avons effectué une méta‐analyse pour calculer un effet pondéré du traitement à travers les essais, et nous avons exprimé les résultats sous forme de risques relatifs (RR) et d'intervalles de confiance (IC) à 95% pour les variables dichotomiques (par ex. les taux d'épuration complète des participants), et de différence moyenne (DM) et IC à 95% pour les résultats continus (par ex. la réduction moyenne du nombre de lésions).

Résultats principaux

Nous avons inclus 83 ECR dans cette revue, avec un total de 10 036 participants. Les ECR couvraient 18 traitements topiques, 1 traitement oral, 2 interventions mécaniques et 3 interventions chimiques, notamment la thérapie photodynamique (TPD). Dans la plupart des études manquaient les descriptions de certains détails méthodologiques, telle que la génération de la séquence de randomisation ou assignation secrète, et la moitié des études présentaient un risque élevé de biais de notification. La comparaison des études était difficile en raison des multiples paramètres utilisés pour rendre compte des critères d'efficacité et de sécurité, ainsi que des limitations statistiques. Nous n'avons pas trouvé de données sur l'éventuelle réduction du carcinome épidermoïde.

Le principal résultat « l'épuration complète du participant » donnait un avantage significatif à quatre traitements de champ par rapport à un excipient ou un placebo : 3% de diclofénac dans de l'acide hyaluronique à 2,5% (RR 2,46 ; IC à 95% 1,66 à 3,66 ; 3 études, 420 participants), 0,5% de 5‐fluorouracile (RR 8,86 ; IC à 95%: 3,67 à 21,44 ; 3 études, 522 participants), imiquimod à 5% (RR 7,70 ; IC à 95% 4,63 à 12,79 ; 9 études, 1871 participants), et 0,025% à 0,05% d'ingénol mébutate (RR 4,50 ; IC à 95% 2,61 à 7,74 ; 2 études, 456 participants).

Il donnait aussi un avantage significatif au traitement de lésions précises par thérapie photodynamique (TPD) par rapport à une TPD‐placebo avec les photosensibilisateurs suivants : acide aminolévulinique (ALA) (lumière bleue : RR 6,22 ; IC à 95% 2,88 à 13,43 ; 1 étude avec 243 participants, acide aminolévulinique (ALA) (lumière rouge : RR 5,94 ; IC à 95% 3,35 à 10,54 ; 3 études, 422 participants), aminolévulinate méthylique (MAL) (lumière rouge : RR 4,46, IC à 95% 3,17 à 6,28 ; 5 études, 482 participants). La TPD‐ALA avait également un avantage significatif par rapport à la cryothérapie (RR 1,31 ; IC à 95% 1,05 à 1,64).

Les risques comparatifs correspondants en termes de nombre de participants entièrement épurés sur 1000 étaient les suivants : 313 avec le diclofénac 3% versus 127 avec l'acide hyaluronique 2,5%, 136 avec le 5‐fluorouracile 0,5% versus 15 avec le placebo, 371 avec l'imiquimod 5% versus 48 avec le placebo, 331 avec l'ingénol mébutate versus 73 avec l'excipient, 527 sur 656 avec le traitement TPD‐ALA/MAL versus 89 sur 147 pour le TPD‐placebo, et 580 avec le TPD‐ALA versus 443 avec la cryothérapie.

L'efficacité du 5‐fluorouracile 5% n'avait pas été comparée à un placebo, mais elle était comparable à celle de l'imiquimod 5% (RR 1,85 ; IC à 95% 0,41 à 8,33).

Un nombre important de participants s'étaient retirés en raison d'événements indésirables avec 144 participants affectés sur 1000 prenant du diclofénac à 3% dans de l'acide hyaluronique à 2,5% en comparaison avec 40 participants affectés sur 1000 prenant seulement de l'acide hyaluronique à 2,5%, et 56 participants affectés sur 1000 prenant de l'imiquimod à 5% en comparaison avec 21 participants affectés sur 1000 prenant un placebo.

De l'opinion des chercheurs et des participants, le traitement par imiquimod et la thérapie photodynamique avaient produit de meilleurs résultats esthétiques que la cryothérapie et le 5‐fluorouracile.

Conclusions des auteurs

Pour les lésions individuelles, la thérapie photodynamique semble plus efficace et a un meilleur résultat esthétique que la cryothérapie. Pour les traitements de champ, le diclofénac, le 5‐fluorouracile, l'imiquimod et l'ingénol mébutate étaient d'une efficacité semblable, mais leurs événements indésirables et résultats esthétiques associés sont différents. Des comparaisons plus directes entre ces traitements sont nécessaires pour déterminer la meilleure approche thérapeutique.

PICO

Population
Intervention
Comparison
Outcome

El uso y la enseñanza del modelo PICO están muy extendidos en el ámbito de la atención sanitaria basada en la evidencia para formular preguntas y estrategias de búsqueda y para caracterizar estudios o metanálisis clínicos. PICO son las siglas en inglés de cuatro posibles componentes de una pregunta de investigación: paciente, población o problema; intervención; comparación; desenlace (outcome).

Para saber más sobre el uso del modelo PICO, puede consultar el Manual Cochrane.

Interventions pour les kératoses actiniques

Les kératoses actiniques sont une maladie de peau causée par l'exposition au soleil sur le long terme. La peau endommagée exhibe de petits méplats rouges, rugueux et squameux, appelés kératoses ou lésions actiniques, qui sont ressentis comme des plaques de peau sèche. Des symptômes tels que saignements et douleurs peuvent être associés aux kératoses actiniques. En outre, les kératoses actiniques ont le potentiel d'évoluer en cancer de la peau s'ils ne sont pas traités. Les raisons du traitement peuvent être l'aspect esthétique, le soulagement des symptômes ou la prévention du cancer de la peau. Le traitement peut soit se focaliser sur des lésions individuelles soit s'occuper de plus grandes surfaces de peau où plusieurs lésions visibles et moins visibles apparaissent (traitement de champ).

Cette revue systématique incluait les résultats de 83 essais cliniques contrôlés randomisés évaluant 24 traitements, avec un total de 10 036 participants atteints de kératose actinique. Nous avons inclus 18 crèmes ou gels topiques appliqués par les participants sur une zone de leur peau : adapalène gel, méthyl sulfone arétinoïde (Ro 14‐9706), oléogel à base de bétuline, calcipotriol (vitamine D), colchicine, diclofénac, 2‐(difluorométhyl)‐dl‐ornithine (DFMO), 5‐fluorouracile, ß‐1, 3‐D‐glucane, imiquimod, ingénol mébutate (PEP005), isotrétinoïne, masoprocol, nicotinamide, resiquimod, sunscreen, DL‐α‐tocophérol (vitamine E) et trétinoïne. Un traitement, l'étrétinate, avait été pris par voie orale. Le personnel clinique avait administré deux traitements mécaniques (dioxyde de carbone et laser Er:YAG de resurfaçage) sur une zone de la peau, ainsi que trois traitements chimiques : cryothérapie sur des lésions précises, thérapie photodynamique sur des lésions précises ou sur une zone de la peau et peeling à l'acide trichloracétique sur une zone de la peau.

Les effets cliniques du traitement des kératoses actiniques avaient été rapportés différemment d'une étude à l'autre. En dépit de cette incohérence, on peut conclure qu'il existe plusieurs bonnes options pour le traitement des kératoses actiniques. Les kératoses actiniques ont été traités avec succès par la cryothérapie, le diclofénac, le 5‐fluorouracile, l'imiquimod, l'ingénol mébutate, la thérapie photodynamique, le resurfaçage, et le peeling à l'acide trichloracétique. Ces différents traitements étaient d'une efficacité généralement comparable. Certains de ces traitements, tels que le diclofénac et le 5‐fluorouracile, étaient associés à une irritation de la peau, mais il était rare que surviennent d'autres effets secondaires. L'aspect esthétique final varie d'un traitement à l'autre. Le traitement à l'imiquimod et la thérapie photodynamique avaient pour résultat un meilleur aspect esthétique que le traitement par cryothérapie et 5‐fluorouracile.

Le traitement par thérapie photodynamique donne de meilleurs résultats thérapeutiques et esthétiques que la cryothérapie pour les lésions individuelles. Pour les traitements de champ, le diclofénac, le 5‐fluorouracile, l'imiquimod et l'ingénol mébutate sont de bonnes options associées à des effets secondaires et à des résultats esthétiques différents. Ainsi, le choix de l'option de traitement pour la kératose actinique dépend du nombre de lésions, des résultats escomptés par la personne et de la tolérance aux traitements.